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CLAVEROL, "IN MEMORIAM"

On a beaucoup parlé, aussi bien de l’oeuvre de son père, Don José -un des premiers pionniers de la photographie-, que de la sienne, non seulement ces jours-ci en raison de sa disparition, après une longue et fructueuse existence.Or beaucoup d’entre nous avons connu l'Andorre d'autrefois et ses habitants a travers ces images recueillies pour la postérité, sur plaques de verre ou de celluloïd, images qui, comme le disait le Premier Ministre, Marc Forné, à propos de ces mêmes pages, "sans les photographies de Valentí Claverol, Andorre n’aurait pas de passé. »

Il nous a quittés, mais il nous a laissé un fabuleux héritage, extraordinaire, unique. Or, aujourd’hui je voudrais vous parler davantage de la personne que j’ai eue l’honneur de connaître et de considérer comme un ami, que de son oeuvre. Celle-ci laissons-la aux spécialistes.

Même s’il était deux fois plus âgé que moi, je l’avais toujours vouvoyé; malgré son apparence fragile –surtout les dernières années-, Monsieur Claverol en imposait.

Le regard perçant –on avait toujours l’impression qu’il regardait à travers l'objectif- et de charmante bonhomie, cet artiste d'ombres et de lumières, très volubile et aux pensées profondes, a été une des personnes que j’ai la plus appréciée et qui a vécu en paix avec elle-même, tout en faisant ce qui lui plaisait, sans complications et sans se prendre au sérieux.

Il ne rechignait pas à se lever tôt, et plus d’une fois, accompagné de son fils Josep, qui l'aidait à porter le tripode, et doté de son inséparable Linhof Tecnica 9X12, il partait à la recherche de ce moment magique où un nuage passait sur une crête pour le garder à jamais. Ou encore saisir la véracité d’un acte officiel ou quotidien, que seuls quelques élus arrivent à réaliser.

Aujourd’hui il repose "au xalet" –comme si souvent il l’avait mentionné en riant-, mais peut-être que là où il se trouve il a réussi à se procurer un bon appareil et comme toujours, immobile, il nous guette à travers l’objectif. C’est cette image que j’aimerai conserver de lui.

Rosa Mari Sorribes

Diari d'Andorra 18 - 1 - 2000

"Les Archives Valentí Claverol remercient Melle Rosa Mari Sorribes, pour avoir autorisé la reproduction de cet article."

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